Le POPIR contre la Charte des valeurs québécoises

Le CA du POPIR se positionne contre la Charte des valeurs québécoises

Récemment, le Conseil d’administration du POPIR-Comité Logement a décidé d’appuyer et de participer à une manifestation contre le colonialisme, le racisme et la Charte des valeurs québécoises, le 21 mars 2014. Pour ce faire, évidemment, il fallait prendre position contre le projet de loi 60 du Parti Québécois.

Sachant que cette position pourrait être controversée dans cette période électorale  très polarisée, nous désirons expliquer la logique motivant cette prise de position.

Les quartiers populaires du Sud-Ouest desservis par le POPIR-Comité Logement ont toujours été très divers – les populations irlandaises, italiennes, francophones, et noires ont historiquement cohabité sur notre territoire et étaient solidaires dans la lutte pour le droit au logement. De plus en plus, cette diversité s’alimente avec l’arrivée de nouvelles populations immigrantes, et au POPIR, nous essayons de toujours être ouverts et accessibles à tous ceux et celles qui désirent accéder à nos services.  

Nous trouvons que la Charte des valeurs québécoises, plutôt que d’aborder réellement la question de laïcité, sert de plus en plus comme façon de cibler les personnes qui choisissent de porter le foulard ou le voile.  Cette discrimination va à l’encontre de notre mission : rassembler les locataires, peu importe leurs origines, dans la lutte contre la gentrification et pour le droit au logement. Parmi nos rangs se trouvent des personnes de plusieurs religions et ethnicités  et nous ne pouvons pas nous taire face à un projet de loi qui risque de discriminer  nos voisinEs, nos camarades, et nos membres.    

Comité mobilisation : les élections et le droit au logement

Jeudi 27 mars, le POPIR-Comité Logement vous invite à discuter des élections et de leur impact sur le droit au logement. Est-ce qu’on parle de logement, de lutte à la pauvreté dans ces élections ? Est-ce que les engagements des partis vont faire la différence ? Est-ce qu’on peut doit compter là-dessus ?

Venez participer à la discussion autour d’une soupe !

Rendez-vous à 17h30, au CEDA.

Ce sera aussi l’occasion de vous parler des actions qui sont organisées dans les jours à venir sur ce thème et pour ceux et celles qui le veulent, nous irons ensuite au tintamarre organisé par le FRAPRU, le même soir.

Le Sud-Ouest : vers une stratégie locale de mise en réserves de terrains et bâtiments

Les quatre (4) tables de quartier et les deux (2) comités logement du Sud-Ouest vous invitent à un BBQ festif pour le logement social.

Rendez-vous le 1er avril 2014 à 18h, au prochain conseil d’arrondissement afin de démontrer notre solidarité et notre détermination afin qu’une Stratégie de mise en réserve foncière soit adoptée par les élu-e-s locaux.

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Face à la pression immobilière, il est urgent de mettre en réserve des terrains et des bâtiments pour le développement du logement social. . Le Sud-Ouest a toujours été un haut lieu de mobilisation populaire. Chacun des quartiers peut se vanter d’une lutte victorieuse !

Ces dernières années, l’arrondissement a été envahi par des promoteurs et des investisseurs parce que c’est payant et fructueux pour eux de transformer nos vieilles usines en condos!

Soyez nombreux et affirmons ensemble que le logement est indispensable dans le Sud-Ouest !

Élections provinciales : on veut 3800 logements sociaux dans St-Henri-Ste-Anne

Les élections sont officiellement déclenchées et conséquemment, la course aux engagements est lancée ! Comme à chaque élection, qu’elle soit municipale, provinciale ou fédérale, les candidates et candidats vont se bousculer à nos portes, lors des évènements locaux pour nous dire tout ce qu’ils et elles sont prêtes à faire pour nos quartiers. Nous allons donc en profiter pour faire notre propre campagne et exiger des engagements précis.

3800 logements sociaux, pas un de moins

L’ampleur des besoins – sur le territoire du POPIR-Comité Logement, 2800 ménages consacrent la moitié de leur revenu au paiement du loyer – nécessite une intervention structurelle.

Le peu de logements sociaux qui se développent – toujours sur le territoire du POPIR, 56 nouveaux logements sociaux ont été construits depuis les dernières élections provinciales – nécessite des engagements majeurs.

On ne peut pas se contenter d’une profession de foi favorable au logement social au nom d’une mixité sociale qui dans les faits favorise bien plus la gentrification de nos quartiers que le maintien des résidantes et résidants les moins nantis.

On exige des candidates et des candidats qu’ils et elles chiffrent clairement leur promesse : 3800 logements sociaux pour notre circonscription, soit 50 000 logements pour le Québec.

Le maintien de toutes les subventions aux logements sociaux existants

Plusieurs milliers d’unités de logement social (5000 dans le Sud-Ouest, 126 000 au Québec) sont en danger si les plans fédéraux de ne pas renouveler les conventions sont maintenus. Le gouvernement provincial a une responsabilité majeure dans ce dossier et doit clairement confronter le gouvernement fédéral. Qu’est-ce que nos candidates et candidats sont prêt-e-s à faire pour sauver nos logements sociaux ?

Sur ce dossier encore, nous ne nous contenterons pas d’un simple «c’est une priorité», on veut une liste concrète des gestes qui seront posés face à Ottawa !

Un positionnement politique clair en faveur des droits sociaux plutôt que du droit au profit !

Un parti politique doit avoir une vision politique, doit porter un projet de société et non pas seulement une vision comptable. Notre projet de société passe par une politique en habitation qui priorise le droit au logement plutôt que le droit au profit, un plan d’action en itinérance qui va plus loin qu’une politique en itinérance, une redistribution de la richesse qui passe par une fiscalité progressive où les riches font leur juste part, une pleine reconnaissance du droit de manifester et de contester.

Évidemment, il ne suffira pas de le demander pour l’obtenir…nous allons donc nous mobiliser et poser plusieurs actions locales et régionales afin que ces enjeux sociaux deviennent des enjeux de campagne. Pour vous informer sur NOTRE CAMPAGNE, visitez notre site, celui du FRAPRU ou écrivez-nous à info@popir.org

 

 

Les locataires du Sud-Ouest manifestent pour 2800 unités de logement social

Photo: L'activiste
Photo: L’activiste

Dans le cadre d’une action organisée par le POPIR-Comité Logement, une centaine de locataires ont manifesté à Saint-Henri pour la construction de 2800 unités de logement social de plus dans les quartiers de Ville-Émard, Côte Saint-Paul, Petite-Bourgogne et Saint-Henri.

L’action s’est inscrite dans le cadre d’une série d’actions organisées par les groupes membres du FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbaine) face au gouvernement du Québec. Le FRAPRU revendique la construction de 50 000 logements sociaux pendant les prochains cinq ans à l’échelle du Québec.

«Il y a 2800 ménages dans ces quatre quartiers qui consacrent plus que 50% de leurs revenus mensuels au loyer. C’est indécent!» dit Fred Burrill, organisateur communautaire au POPIR. «Le gouvernement finance 3000 unités de logement social par année à travers le Québec (et ce, seulement grâce aux pressions des groupes de base),» ajoute Valérie Simard, également organisatrice communautaire au POPIR, «alors que juste ici, dans le Sud-Ouest, on aurait besoin de toutes ces unités pour répondre aux besoins les plus urgents.»

Le POPIR-Comité Logement et ses allié-e-s continuent d’insister que le logement social est le seul moyen de répondre à la crise du logement que subissent leurs communautés depuis des années.

65 000 logements sociaux manquant au Québec…des milliers dans le Sud-Ouest !

La décision du gouvernement fédéral de se retirer totalement du financement à long terme de nouveaux logements sociaux à partir du 1er janvier 1994 a privé le Québec de 65 000 logements sociaux, presque entièrement destinés à des ménages à très faible revenu. C’est à cette conclusion qu’en arrive le FRAPRU, au moment du vingtième anniversaire de la mise en application de cette décision.

Le FRAPRU évalue que ce manque à gagner se chiffre à 39 000 dans la seule région métropolitaine de Montréal, dont 28 600 dans la ville même de Montréal. La ville de Québec a été privée de 5900 logements. Quant aux régions métropolitaines de Gatineau, Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay, elles ont respectivement perdu 2200, 1700, 1600 et 1000 logements sociaux [Photo : une des nombreuses manifestations du FRAPRU en 1992 et 1993]

Selon le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, « si tous ces logements avaient été réalisés, le nombre de mal-logés et de sans-abri du Québec aurait été réduit d’autant ». Il précise que 228 000 ménages locataires québécois consacrent plus de la moitié de leur revenu au loyer, selon l’enquête menée en 2011 par Statistique Canada. Quant au nombre de personnes itinérantes, il est évalué à au moins 30 000.

François Saillant ajoute que « le retrait fédéral a aussi sonné le glas du programme d’habitations à loyer modique (HLM) qui, malgré une certaine croyance véhiculée à tort dans les médias, n’est jamais revenu depuis, alors que près de 40 000 ménages sont en attente d’un tel logement à travers le Québec, dont plus de 22 700 à Montréal ».

Un second retrait d’Ottawa

Avant la date fatidique du 1er janvier 1994, tous les logements sociaux réalisés au Québec étaient financés en partie ou en totalité avec des fonds fédéraux. C’est à cette réalité que le gouvernement conservateur de Brian Mulroney, qui, dès 1990, avait commencé à sabrer dans les sommes consacrées à de nouveaux logements sociaux, a décidé de mettre fin dans son budget du 26 avril 1993. Il y annonçait qu’à partir du 1er janvier suivant, le budget de la Société canadienne d’hypothèques et de logement serait gelé à 2 milliards $ et que celle-ci ne financerait « plus le logement par des engagements sur 35 ans qui font supporter la majeure partie du coût de l’aide actuelle au logement par les contribuables futurs ».

Aucun gouvernement subséquent, qu’il soit conservateur ou libéral, n’est depuis revenu sur cette décision, se contentant au mieux d’accorder du financement à court terme, non récurrent, à ce qu’Ottawa appelle « le logement abordable ». Le gouvernement conservateur n’y consacre présentement que 250 millions $ par année à l’échelle du Canada, dont 58 millions $ au Québec, somme que le FRAPRU qualifie de « peanuts ».

Vingt ans plus tard, le budget de la SCHL se situe toujours au même montant de 2 milliards $. Or, ce budget, qui sert à plus de 80 % au financement des logements sociaux réalisés par le passé, est appelé à diminuer considérablement dès les prochaines années. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper continue en effet de faire la sourde oreille aux pressions des provinces, des villes et des organismes communautaires qui lui demandent d’annoncer la poursuite de ces subventions au fur et à mesure qu’elles arriveront à terme. Au Québec, 125 900 logements sociaux recevaient encore une telle aide à la fin de 2012, ce qui représente déjà une baisse de 1350 par rapport à 2010. Il s’agit de la totalité des HLM existants, de la majorité des logements coopératifs et sans but lucratif du Québec, de suppléments au loyer accordés à des logements communautaires ou privés, ainsi que de logements autochtones.

Marie-José Corriveau, organisatrice au FRAPRU, craint que « ce second retrait du gouvernement fédéral n’ait des conséquences aussi graves que celui de 1994 ». Elle note que « c’est l’accessibilité financière des logements sociaux réalisés avant ce moment qui se retrouve maintenant menacée pour les locataires à très faible revenu qui y vivent présentement, mais aussi pour tous les ménages qui voudraient y entrer à l’avenir ». Le FRAPRU presse le ministre des Finances, Jim Flaherty, d’annoncer, dès son budget prévu pour mars, la poursuite des subventions à long terme versées aux logements sociaux existants et la décision ferme du gouvernement conservateur de ne pas répéter le coup d’il y a vingt ans.

Explication sur la méthode

Pour arriver au chiffre de 65 000 logements sociaux, le FRAPRU a calculé la moyenne de logements sociaux que le gouvernement fédéral a contribué à financer entre 1985 et 1989, avant les premières coupures opérées par le gouvernement conservateur. Celle-ci est de 5356 logements par année.

Si Ottawa avait conservé ce rythme de 5356 entre 1994 à 2013, ce sont 107 120 logements sociaux qui auraient pu se réaliser. Or, durant ces vingt ans, le gouvernement québécois a annoncé le financement de 42 125 logements sociaux, que ce soit ou non avec la participation financière fédérale. La différence entre les deux chiffres est exactement de 64 995. Ce nombre représente le manque à gagner du Québec. Le FRAPRU l’a, par la suite, réparti régionalement, en fonction du nombre de ménages locataires ayant des besoins impérieux de logement selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Logement à louer : le Sud-Ouest, toujours aussi rare et cher !!

La Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) vient de publier son Rapport sur le marché locatif. Dans le Sud-Ouest, le taux de logements inoccupés est stable (2.7%) mais reste en dessous du taux d’équilibre qui serait de 3%. Par contre, pour les grands logements familiaux le taux est très bas (0.5%), ce qui explique qu’au POPIR-Comité Logement, on voit tellement de familles avec enfants qui ne savent plus où se loger adéquatement.

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Non seulement les logements à louer sont rares mais en plus ils sont chers :

  • 538$ pour un studio (soit 59$ de plus qu’en 2012) !
  • 600$ pour un 3 1/2 (+39$)
  • 661$ pour un 4 1/2 (+ 6$).

La construction dans le secteur est dominée par les condos ; il est donc normal que les logements locatifs, qui plus est abordables, sont de plus en plus rares.

C’est pourquoi les actions se sont multipliées ces dernières semaines et il faudra s’attendre à un hiver mouvementé si le gouvernement fédéral coupe encore dans les budgets du logement social, si le gouvernement provincial ne répond pas à nos demande de 50 000 nouveaux logements sociaux et si la Ville et l’arrondissement ne luttent pas plus sérieusement contre la gentrification en retirant du marché privé des terrains pour le logement social.

 

 

 

Que font les élu-e-s contre la gentrification des quartiers centraux ?

Nous reproduisons ici le communiqué de presse émis par 4 comités logement et le FRAPRU, vendredi dernier, afin de dénoncer la gentrification mais surtout, de nommer les alternatives : le logement social !

Pour ceux et celles qui préfèrent voir le reportage, c’est assez fidèle.

Au coeur de la tourmente liée aux tensions engendrées par la gentrification d’Hochelaga-Maisonneuve, le FRAPRU et plusieurs comités logement se joignent au Comité BAILS pour interpeller les trois paliers de gouvernement et leur demander de se servir de leurs pouvoirs et de leurs budgets pour intervenir sur le phénomène et ses conséquences, déjà connues pour la plupart.  À leur avis, les solutions passent par le logement social.

D’emblée, le coordonnateur du Comité BAILS Hochelaga Maisonneuve, Jonathan Aspireault-Massé, rappelle que le phénomène est déjà bien avancé dans le Plateau Mont-Royal et qu’il s’intensifie notamment dans Centre-Sud, de même qu’autour des marchés publics, dans Saint-Henri, dans Villeray et dans Maisonneuve. M. Aspireault-Massé poursuit en affirmant que « la gentrification, qui transforme actuellement les quartiers centraux, qui appauvrit ou déplace la population locataire, n’est pas un phénomène naturel, encore moins une fatalité; s’il s’agit d’une revitalisation, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne sert pas aux ménages locataires à faible et à modeste revenus qui y demeurent déjà » .

Le FRAPRU rappelle que Montréal reste une ville de locataires.  Selon l’Enquête nationale menée auprès des ménages par Statistique Canada en 2011, deux tiers de ceux qui y habitent louent leur logement et ont un revenu médian de l’ordre de 30 à 35 000 $ par année. Or, du 1er janvier 2010 au 31 octobre 2013, dix fois plus de condos ont été mis en chantier sur l’île que de logements locatifs privés. La porte-parole du regroupement, Marie-José Corriveau, constate que « les promoteurs développent à peu près que des condos, trop petits et trop chers, tandis que, durant la dernière campagne électorale, les principaux partis n’en avaient que pour l’accession à la propriété privée; c’est bien mal évaluer les besoins de la population montréalaise ».

Des solutions et… de la volonté!

Selon les groupes logement, la solution passe d’abord et avant tout, par le développement urgent de 50 000 nouveaux logements sociaux sur 5 ans au Québec, dont 22 500 à Montréal. « Pour lutter contre les effets négatifs de la gentrification, les gouvernements supérieurs doivent impérativement s’engager dans cette voie et y consacrer  toutes les ressources nécessaires », affirme Marie-José Corriveau.

Quant à elles, les autorités municipales, en plus de devoir faire pression pour un rehaussement significatif du nombre de logements sociaux pour Montréal, elles sont pressées d’adopter une attitude pro-active. Selon les groupes, Montréal doit entre autres favoriser l’accès aux terrains et aux bâtiments pour des développements futurs, notamment par la création d’une réserve foncière. «La Ville doit protéger de la spéculation les terrains et les immeubles afin qu’on puisse développer des coopératives et des logements sans but lucratif pour les ménages à modeste et à faible revenus. Lutter efficacement contre la gentrification, c’est renverser la vapeur et construire plus de logements sociaux », ajoute monsieur Aspireault-Massé.

Finalement, si le logement social est l’avenue toute désignée pour diminuer l’exclusion et la misère, il importe de protéger le parc existant de logements locatifs. Les autorités doivent se donner tous les moyens pour bloquer les conversions de logements locatifs en condos et stopper les hausses de loyers.

Quand les solutions sont aussi évidentes que l’absence de volonté pour les mettre de l’avant, il est inévitable que les tensions sociales créées par la gentrification iront en s’accroissant. « Nous sommes à la croisée des chemins et il y a péril en la demeure», rappelle Jonathan Aspireault-Massé.